mercredi 7 septembre 2011

Que nos vies aient l'air d'un film parfait


Indices
Un garçon au regard clair a remonté le col de son pardessus en laine bleu marine. Presque debout sur sa bicyclette, il traverse à toute vitesse les rues de Londres couleur brique et gris orage, le cheveu en désordre.
Cinq hot-dogs, avec de la moutarde, achetés au marchand chinois ambulant devant la porte très surveillée du club privé trop cher.
Un grand verre de chocolat glacé surmonté d'un épais nuage de chantilly siroté à la paille devant le regard aigri de la caissière un peu ronde et vengeresse tandis qu'un ouvrier repeint en rouge sang les murs vert crasseux des bains publics.
Un manteau jaune très long, en vinyl, qui se détache sur un paysage enneigé.
Une jeune femme au teint diaphane et cheveux roux grignote des sandwiches au fromage à l'heure du déjeuner sur le bord de la piscine.
Le diamant d'une bague de fiançailles perdu dans la neige.

Vous voyez de quel film je veux parler? (c'est une réédition en copies neuves sortie cet été)
****

Réponse
Les lumières sont revenues presque trop vite à la fin de Deep End. J'étais encore sous l'effet vertigineux des dernières images de cette histoire d'amour insaisissable. Devant nous, un couple d'environ soixante ans a l'air visiblement ravi. Je croise le regard du monsieur au moment de nouer mon foulard à pois. Sans raison apparente, hormis celle trop évidente d'une transmission complice, il me dit dans un grand sourire "C'était aussi bien que la première fois".
La première fois, c'était en 1970, et j'adore cette confidence parce que je suis super émue par cet homme qui a dû apprendre avec une joie qu'il me semble comprendre, la sortie de Deep End quarante ans plus tard.
Dans le hall du cinéma désert, je reste un peu devant le panneau d'affichage, ce monsieur à mes côtés. Je cherche à prolonger l'éblouissement que j'ai ressenti pour ce film que G. avait vu il y a longtemps aussi, dont il m'avait souvent parlé, persuadé qu'il me plairait. En lisant les articles jaunis des journaux de l'époque, j'imagine que le monsieur les avait alors lus et peut-être même qu'il les avaient découpés pour les scotcher devant son bureau. Il me fait en tout cas un dernier sourire mystérieux en partant.
A la sortie du film, en 1970, Etienne Daho avait 14 ans. Il ne s'était pas remis non plus de cette histoire aux motifs étranges et envoûtants dont le héros, alors à peine plus âgé que lui, découvre l'impasse de l'amour physique.
Dans un article de Libé, Daho raconte que plus tard, quand il était étudiant à Rennes, il avait des affiches et des photos du film dans son appartement et que Deep end constituait à cette époque pour lui un test infaillible d'affinités électives. Je suis très touchée par cette anecdote parce que pendant de nombreuses années, je confiais systématiquement aux gens que je m'apprêtais à fréquenter de plus près les VHS de Conte d'Eté et de Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle). J'étais déjà un peu snob et affectivement très exigeante car s'il se révélait que les personnes concernées n'éprouvent rien pour ces films, j'étais persuadée que nous ne pourrions pas nous entendre, qu'ils ne m'aimeraient pas non plus, tant ces films parlaient de moi (plus tard, G. m'a fait remarquer que je m'identifiais toujours à des personnages masculins -Paul Dédalus, Gaspard, Antoine Doinel, Alvy Singer etc.)
Après, j'avais très envie d'écouter quelques chansons d'Etienne Daho.
Ce billet a été écrit de la place 65, voiture 6, du TGV qui reliait Lorient à Rennes. Angoissée et épuisée, je venais de passer une journée chez mes parents.
Depuis, il y a eu le tournage d'un petit film en bord de mer (j'ai quelques progrès de cadrage à faire mais c'était un moment très chouette), une part trop petite de bavarois au matcha délicatement parfumé au rhum et sobrement nappé de chocolat au lait, une pellicule très réussie, la re-lecture de "L'image-fantôme" et une tablette de chocolat formidable, au goût de vacances new-yorkaises, envoyée par Virginia, qui a une mémoire sensible et un sens aigu de la surprise. A côté, un bagel pour le moins discutable (au pastrami sauf qu'ils avaient oublié l'indispensable salade), mais je voulais un déjeuner New York Revival.

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40 Comments:

Blogger (les chéchés) said...

je ne voyais pas du tout... maintenant, j'ai surtout envie!
j'adore ces déjeuners-souvenirs précieux, même s'ils ne sont jamais aussi bons que là bas.

(je crois qu'il est encore plus délicieux de découvrir un nouveau billet de toi dans la nuit -je n'arrive pas à dormir!- à lire en douce, la tête sous la couette pour en pas être vue...)
très belle semaine à toi!

7 septembre 2011 01:01  
Anonymous V. said...

Mais je suis aussi Alvy Singer et Paul Dedalus ! Et comme toi , je me disais que si les gens n'aimaient pas ces films et ces personnages comme je les aimais ,alors, c'était mauvais signe . Je me souviens avoir téléphoné à une librairie parisienne de cinéma pour commander l'affiche de "Comment je me suis disputé..." ! Maintenant , avec internet , tout paraît si simple .
Je veux aussi voir ce film DEEP END et encore davantage maintenant , après avoir lu tes mots .
J'espère que le chocolat sera aussi bon que son emballage est beau et que l'ouvrir puis le manger ne te donnera pas le sentiment que New-York s'est éloigné .

7 septembre 2011 08:24  
Anonymous Florence said...

Est ce que vous voudrez encore me répondre si je vous dit que je ne connais pas ce film? mais maintenant, j'aimerais beaucoup le voir. Votre thèse est elle finie? J'espère qu'ensuite vous prévoirez une escapade nantaise pour que je puisse vous raconter le restaurant danois.
Bises.

7 septembre 2011 09:42  
Anonymous The Smell of Viennoiserie said...

Avant mon voyage à New York il y a deux ans, je rêvais du chocolat Mast Brothers, c'était un des buts gourmands du séjour (avec, entre autres, la Ice cream factory). La boutique semblait loin de l'appartement, et puis un jour de pluie, en se rendant au Brooklyn Botanic Garden qui proposait son festival annuel "Chile Pepper Fiesta" à base de... piments et de chocolat ^^ on est tombé par hasard sur les deux frères Mast dans leur stand. Moment un peu surréaliste :)

7 septembre 2011 09:55  
Blogger Lucie said...

J'ai deviné de quel film tu parlais avec les cinq hot-dogs ! J'ai été soufflée par l'énergie et les trouvailles que déploie le héros pour parvenir à ses fins (les hot-dogs de l'attente, et le vol du carton-photo grandeur nature), et adoré la picturalité du film, ses couleurs franches, les murs défraîchis ou la neige fondu très tactiles (un film "tactil" aura le plus souvent mes faveurs ;-)
J'ai longtemps aimé *Comment je me suis disputé*, avant de constater la misogynie du film et de Depleschin... depuis, l'envie de le revoir m'est franchement passée.
Il était bon le chocolat dans ce joli papier ?

7 septembre 2011 12:30  
Anonymous patoumi said...

Les chéchés: moi aussi j'ai lu ton billet dans la nuit, sur la canapé du salon!

V.: la tablette me scrute toujours depuis le bureau! Merci encore. En plus, Alvy Singer et Annie Hall se disputent à moitié un livre de Sylvia Plath...

Florence: bah non, ça ne me choque pas du tout pour le film! J'ai vu quelques Skolimovski avant celui-là qui ne m'ont pas trop plu...
Ma thèse est entre les mains sévères de mon directeur, j'ose à peine regarder mes mails tant je redoute sa critique... Mais vous voir à Nantes, ça c'est un chouette projet!

The Smell of Viennoiserie (ce nom est top moumoute^^): la fabrique était fermée quand j'étais à New York. Je suis tombée que quelques tablettes à Bakeri, dans Williamsburgh, mais elles n'étaient pas à vendre! J'ai finalement acheté juste une tablette (énorme regret au retour!) dans une super boutique de vêtements sur Elizabeth St. J'aime leur chocolat puissant et velouté.
J'avais bien aimé aussi le BBG, c'était juste avant de prendre un avion pour la Lousiane, le restaurant en plein air est très chouette et les plats étonnament bons.

Lucie: je n'ai pas encore osé ouvrir la tablette! Celle que j'avais ramenée, aux noix de pécan et sirop d'érable, était délicieuse.
C'est drôle parce que je ne trouve pas que CJMSD soit misogyne, mes scènes préférées sont celles qui dessinent un super portrait des personnages féminins. La lettre d'Esther par exemple. Je trouve plutôt qu'il n'est pas tendre envers Paul Dédalus que j'aime bien car c'est un obsessionnel charmant, avec tous les travers propres à la structure!

7 septembre 2011 14:49  
Blogger Ananim said...

Ouh quel beau billet - j'en ai marre, j'ecris toujours le meme comment - j'attends angoissee de faire une presentation importante, qui decidera un peu de mon avenir - et ton billet m'a enchantee.
Merci Patoumi et bonne rentree

7 septembre 2011 16:55  
Anonymous The Smell of Viennoiserie said...

"Moumoute" j'adore :)
Ce que tu me dis là me fait penser que ... je n'ai même pas avoué LE truc inavouable : je ne leur ai pas acheté de chocolat! Je ne sais pas s'ils avaient gonflé leurs étiquettes pour le festival, mais ça faisait cher le carré de chocolat (je regrette quand même) Cela dit je me rattrape avec une chocolaterie artisanale dans ma campagne, avec une collection de tablettes incroyable. Le lait/caramel/amandes entières aura ma peau... Mais leurs emballages sont infiniment moins jolis que ceux des Mast Brothers, hélas!

7 septembre 2011 17:25  
Anonymous La belle saison said...

C'est juste parce que votre blog est parfait...

8 septembre 2011 08:58  
Blogger avis said...

chère patoumi,
je ne connais pas le film deep end mais tu me donne envie de le découvrir, d’autant plus qu'il est sorti l'année de ma naissance ^^.
j'adore la photo avec le plateau, le chocolat et le bagel
bises
manuela

8 septembre 2011 09:15  
Anonymous Anonyme said...

j'ai été éblouie aussi par Deep end, j'ai dû en parler sans cesse pendant quelques jours pour m'en remettre...
je m'identifie aussi souvent aux personnages masculins (ce qui me paraît logique au vu de la place des femmes dans notre histoire culturelle), et du coup aussi un peu à... patoumi! héhé, internet est décidément un drôle de média.
adrienne

8 septembre 2011 18:57  
Anonymous Anonyme said...

J'ai adoré ce film qui a illuminé un été parisien pourri. Tant qu'en sortant j'ai trainé mon R à la recherche des meilleurs hot-dogs du coin (mais ils n'étaient pas si bons que ça finalement).
Une anonyme qui vous lis depuis longtemps (en cachette), vos billets sont si jolis.

8 septembre 2011 19:54  
Blogger patoumi said...

The smell of viennoiserie: surtout que l'hiver risque d'être absolument moumoute :)
C'est précisément le prix qui m'avait retenue d'en acheter plus! Bon, après, quelqu'un de bien informée m'a dit que les tablettes Mast Brothers seraient bientôt en vente en France. Cette nouvelle me ravit et m'attriste à la fois, j'aimais bien l'idée que c'était exclusivement new yorkais! Et puis ça m'étonnerait que ce soit moins cher en France :( Tu me dirais la marque de TON chocolat?

La belle saison: *rougis* merci! (mais faut pas exagérer quand même!)

Manuela: bon bah c'était une grande année alors! :) Bises aussi!

Adrienne: oui, c'est exactement ça, on a envie d'en parler à tout le monde! J'ai trouvé le héros tellement attachant dans son obstination maladroite. Et j'aime l'humour qui infiltre le film qui raconte quand même une histoire terrible.

Anonyme: nous aussi on a eu très envie de hot-dogs après! Mais ici, il n'y a pas du tout ça... Je me suis juste rendue compte que je n'avais jamais mangé de hot-dog de ma vie, alors que G. se souvient bien de ceux que faisait sa mère, avec des saucisses de Francfort...
Merci pour les mots gentils!

Avis

8 septembre 2011 20:28  
Blogger avis said...

merci patoumi ^^

8 septembre 2011 22:54  
Anonymous Madeliaf said...

Zut, c'est un peu angoissant cette histoire de goûts sélectifs : d'une part, parce que je n'ai pas trop aimé "Comment je me suis disputé...", d'autre part parce que je connais aussi ce sentiment de méfiance implacable vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas un émoi très particulier face à une oeuvre (les "bof, j'ai pas trop compris" à la sortie de "Bleak Night" dernièrement m'ont sidérée), et puis je suis entourée d'autres "snobs" qui font aussi passer ce genre de tests silencieux ;) ("The Believer" pour mon bon ami, "Once" pour un ancien coloc... j'ai heureusement réussis ceux-là!)
Bref, tout ça pour dire que j'aimerais bien voir Deep End maintenant :)

9 septembre 2011 02:39  
Anonymous Caroline said...

Chère Patoumi, des suggestions de livres/films/musique pour surmonter une enième rupture amoureuse?
Merci d'avance!

9 septembre 2011 07:12  
Blogger gwendoline said...

Dans la nuit, ça m'a paru très naturel que tu sois chez moi -qui plus est, sur mon lit !- au réveil, en revanche, ça m'a semblé beaucoup plus énigmatique !!! une possible interprétation, docteur Patoumi ?!!!!

9 septembre 2011 15:20  
Anonymous The Smell of Viennoiserie said...

Oh ça alors pour les Mast ! Comme tu dis, c'est génial d'un côté et triste de l'autre. L'esprit chocolat/souvenir n'y serait plus...
Mon chocolatier magique s'appelle "Quarré de chocolat" (pas une faute d'orthographe mais un jeu de mot facile et obligatoire...;) Le site internet : http://www.quarredechocolat.com/ On peut commander en ligne, haha ;)

9 septembre 2011 15:34  
Blogger Agnèslamexicaine said...

"un test infaillible d'affinités électives" qu'est-ce que j ai ri! j en ai un aussi, mais il est littéraire et vraiment atroce- car il m est diffcile d avoir une conversation avec quelqu un qui a certaines lectures. Au contraire, je donne mon amitié impudiquement à qui aime rené char, semprun, didi-huberman. je ne connais pas ce film, mais les quelques images glanées donnent vraiment envie.
espoir pour la thése. moi je n attend plus que la date d examen, un énorme soulagement et l envie de passer enfin à autre chose. Peut-on voir des images de ce que tu as filmé?

9 septembre 2011 18:21  
Anonymous Madeliaf said...

ps: et je croise les doigts pour le directeur sévère (c'est toujours un chouïa désespérant, mais moins que le directeur je-m'en-foutiste ceci dit ;))

9 septembre 2011 21:14  
Anonymous patoumi said...

Madeliaf: c'est quand même rassurant de savoir qu'on n'est pas seul à être intransigeant! Même si je me suis un peu assouplie avec le temps... (enfin bon, je me méfie des gens qui n'aiment ni Vincent Delerm ni Eric Rohmer! ^^)
Merci pour les doigts croisés!

Caroline: mince :-(
J'ai quelques conseils mais tout dépend la façon dont vous "préférez" vivre les ruptures. Moi je sais que j'adorerais me gaver de trucs super tristes (Françoise Hardy, Daniel Darc, Bergman, Fin août début septembre, les biographies aussi -genre Truffaut par Toubiana parce que Truffaut avait reçu une superbe lettre d'une de ses amies les plus chères lors de sa rupture avec Catherine Deneuve...) maispeut-être que vous préférez les choses très joyeuses, auquel cas j'ai moins d'idées mais je suis de garde à l'hôpital, je n'ai pas ma bibliothèque sous les yeux. Sinon, un intermédiaire pas mal peut-être "Douleur exquise" de Sophie Calle. Je vous redis pour d'autres idées!

Gwendoline: non mais le pire c'est que dans un mois et demi je serai VRAIMENT docteur! (je ne m'en remets pas. Comme le fait que tu aies rêvé de moi!)

The Smell of Viennoiserie: ah, je crois que je vais commander quelques tablettes (c'est ma grande spécialité, je commande des trucs quand je suis de garde, la nuit)

Agnès: en fait, G. était l'acteur principal de mon film (c'est mon premier film!) alors ça reste secret!
Le truc mystérieux pour moi par rapport à ce genre de test, c'est que parfois quelqu'un peut avoir exactement votre goût et en fait, on ne s'entend pas du tout...

10 septembre 2011 00:50  
Anonymous Laurence said...

Bonjour,
Votre billet donne vraiment envie de voir Deep End, en effet.
Le fameux chocolat s'achete aussi a Chelsea Market Baskets, et plus precisement dans l'epicerie fine, tout au fond, appelee Chelsea Baskets (http://chelseamarket.com/chelseamarketbaskets/)... ou l'on trouve aussi un guide des meilleurs endroits ou savourer du chocolat a NY, petit ouvrage prometteur que j'ai offert il y a peu a mon mari, de facon bien sur tres interessee et a peine egoiste.

Quand vous reviendrez a NY, ne manquez pas Chelsea Markets, avec une jolie visite guidee si possible (http://cityrover.com/new-york/, Max etant un guide fabuleux), et une agreable ballade sur la High Line a l'appui. Je pense que vous adorerez.

A bientot et bon courage pour votre these !
Laurence

10 septembre 2011 21:43  
Blogger gwendoline said...

Bon alors, je reviens dans un mois, pour une vraie consultation !!!
Que tu aies VRAIMENT eu une peluche en salopette me laisse coite !!!
Ma peluche actuelle portait un duffle coat rouge, à l'origine. Mais je l'ai déshabillée parce que je trouve que ça ne se fait pas de dormir en manteau.
D'ailleurs, que je n'aie même pas été gênée dans mon rêve que tu sois habillée DANS mon lit alors que dans la réalité, je ne le tolérerais pas deux secondes me semble le plus difficile à comprendre !!!

10 septembre 2011 21:55  
Blogger M'Zèle Divine said...

Rangement ce soir dans la confusion de mes liens favoris en écoutant Jean-Luc Godard se confier hors-champs à Laure Adler . J'ai retrouvé ceci que tu connais certainement : http://www.spectresducinema.org/?p=1036

Bonne nuit

12 septembre 2011 23:58  
Anonymous Anonyme said...

Le test des affinités électives m'a fait sourire... (et penser au livre éponyme, que j'ai envie de lire depuis longtemps). Quelle jolie expression ! J'imagine qu'on est nombreux à avoir ressenti des choses comme ça. Pendant longtemps, je pensais que pour être mon ami, ou pour m'aimer, il fallait aimer les mêmes choses que moi. En vieillissant je me suis rendue compte que ce n'était pas vrai du tout. Heureusement d'ailleurs. Sinon, me pardonnerez-vous si je vous dis que j'ai vu "Comment je me suis disputé" à sa sortie (ça fait un bail donc) et que j'avais violemment détesté ? Je trouvais les personnages creux, antipathiques et méchants... Pour moi, ils représentaient quelque chose de très parisien, et même français (j'ai un rapport compliqué à tout ça) et puis un certain milieu d'étudiants cultivés auxquel j'étais censée appartenir mais dans lequel je ne me sentais finalement pas du tout à l'aise... Ce pauvre film, finalement, je l'ai chargé de plein de choses qui viennent uniquement de moi. J'en garde une méfiance intense pour Desplechin, c'est sans doute injuste.

Camille

13 septembre 2011 08:04  
Anonymous Caroline said...

Chère Patoumi,
merci pour les conseils...En fait cette fois-ci je n'encaisse vraiment pas du tout le super triste (en vieillissant, ça ne devient pas du tout plus facile ces épreuves-là, bien au contraire).Et en plus je n'ai rien ou presque sous la main dans mon exil....Je vais commander Sophie Calle. Je me fais tenir à coup de Art Blakey et de Syd Matters, ça marche plus ou moins bien. Pfff cette galère....Vivement dans quelques mois quand le pire sera derrière.

13 septembre 2011 11:12  
Anonymous patoumi said...

*journée horrible - angoisse"

Laurence: c'est terrible de me dire ça car New York me manque souvent.

Gwendoline: ce rêve est juste dingo!

M'zèle Divine: l'émission de Laure Adler est sur le point de commencer! Merci pour me lien, j'ai été très émue par la photo de Guibert à sa table de travail.

Camille: j'étais très jeune à la sortie du film et je m'imaginais crânement en Paul Dedalus féminin, peinant à finir ma thèse (ah ah!) et perdue dans mes histoires amoureuses. J'adorais la scène de la fête dans l'appartement, quand Nathan joue péniblement du piano (ah ah! bis). Avec le temps, c'est vrai, je ne suis plus aussi catégorique quand je rencontre des gens (enfin un peu quand même -là, j'entends G. hurler "Non mais t'es la fille la plus exigeante qui existe!" mais dans l'autre sens, pas sur ce qui est aimable mais plutôt détestable). Merci en tout cas pour ce chouette commentaire!

Caroline: je suis tellement désolée pour vous. Voudrait vous aider. Peut-être aussi "Fragments d'un discours amoureux" de Barthes?

13 septembre 2011 22:18  
Blogger Julia* said...

Depuis quelques temps, je ne connais des films que ce que je lis de toi, mais j'adore ça !!

17 septembre 2011 09:19  
Anonymous Caroline said...

Chère Patoumi,
un hasard extraordinaire a jeté sur ma route "Douleur exquise" de Sophie Calle, en anglais bien sûr,que j'ai trouvé négligemment posé sur le siège arrière d'une voiture où je suis montée-si vous connaissiez le gouffre culturel qu'est la ville où je vis, vous verriez mieux sans doute l'extraordinaire; j'ai dû négocier ferme pour que le propriétaire me prête l'ouvrage, mais je suis arrivée à mes fins. Petit objet remarquable et intelligent, mais je vais en différer la lecture - elle me fait pour le moment vraiment beaucoup trop mal. Et je désespère en voyant que SC a mis 92 jours pour effacer sa douleur...J'ai donc encore un long calvaire devant moi. Mais ce hasard étonnant me redonnerait presque le sourire pour un instant!

18 septembre 2011 04:54  
Anonymous patoumi said...

Julia*: j'aimerais bien quand même réussir à parler d'autres choses! Mais merci pour ce commentaire qui me fait super plaisir de la part de quelqu'un qui a publié à l'Epure, whaouh! :)

Caroline: quelle histoire incroyable. Je m'en veux d'avoir suggéré quelque chose qui puisse vous blesser, pardon, je suis parfois très maladroite. Haut les coeurs, j'ai plein de pensées pour vous, si loin.

18 septembre 2011 19:25  
Anonymous Caroline said...

Merci Patoumi.Ne vous sentez aucunement coupable, de toutes façons tout me fait mal en ce moment. Un peu comme une rage de dent nocturne qui rend toute position pour dormir intenable quoi qu'on fasse...

19 septembre 2011 11:31  
Blogger Agnèslamexicaine said...

impatiente de lire un nouveau post...

19 septembre 2011 17:26  
Anonymous Hélène said...

pareil! *_*
Hélène

20 septembre 2011 09:42  
Anonymous Hélène said...

Agnés la mexicaine elle veut un billet de Patoumi, un de la mangue ET un autre le Loukoum! Et moi aussi, tout pour avoir du courage cette semaine! J'ai tout lu même!

20 septembre 2011 21:21  
Anonymous patoumi said...

J'aimerais bien écrire mais je n'y arrive pas du tout! La vie est très compliquée en ce momente et je ne veux pas me plaindre. Dès qu'il m'arrivera un truc trop chouette, je suis sûre que j'aurais plus de choses à raconter!

Caroline: cette fois-ci, j'arrête de procrastiner. On peut vous écrire toujours à la même adresse? Je vous embrasse.

Agnès: je suis impatiente d'arriver à l'écrire aussi!

Hélène: ah, il n'y a que toi pour faire ça! C'est dur de ne pas réussir à écrire...
Sinon, j'espère que tout va bien pour toi et que la semaine n'est quand même pas trop difficile! Bises en tout cas!

21 septembre 2011 00:51  
Anonymous Caroline said...

Ah non Patoumi, pas avant la fin de la thèse! Vous avez bien trop à faire. Ensuite, quand tout sera terminé seulement, oui, avec grand plaisir, toujours à la même adresse en Australie.

21 septembre 2011 12:28  
Anonymous Marjane said...

Bon courage pour tout, je sens que ça à l'air très dur pour toi en ce moment.
J'ai beaucoup aimé ton article et l'expression des "affinités électives". Cependant j'aime moins le concept, mes amies sont toutes différentes et c'est tant mieux! J'ai appris tellement de choses sur moi et sur tout un tas de sujets grâce à nos différences de goût, j'ai appris à aimer des choses que je pensais ne pas aimer et vice versa, c'est vraiment un plus dans nos relations, je crois que le plus important c'est de partager les mêmes valeurs.
Encore une fois je t'envoie un cargo de bonnes ondes pour la rédaction de ta thèse.

21 septembre 2011 14:08  
Anonymous patoumi said...

Caroline: on verra! Ca me fait plaisir!

Marjane: merci pour les bonnes ondes!
Tu vois, je te l'avais dit, je suis une affreuse personne! ^^

21 septembre 2011 14:27  
Anonymous Marjane said...

Je n'y crois toujours pas. Vu ce que tu dégages à travers tes billets, ça sonne faux. Peut être n'as tu pas rencontré les bonnes personnes? Il y a bien des manières d'exprimer son désaccord, certaines font qu'on respecte plus la personne et d'autres donnent envie de fuir!
;)

24 septembre 2011 13:38  
Blogger patoumi said...

(J'essaie d'écrire un nouveau billet)
(Dur)

Marjane: je crois sincèrement que je suis assez difficile à vivre comme amie!

25 septembre 2011 23:17  

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